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Le passage à l'Euro

La construction européenne et la création d'une monnaie commune aux Européens ont toujours été accueillies favorablement par nos concitoyens.

Didier Reynders et le passage à l'Euro
photo ©Reporters

Dans notre pays, le passage à l'euro a été un véritable succès et s'est effectué dans d'excellentes conditions grâce à une préparation efficace. La Belgique a souvent été citée en exemple par les autorités européennes pour la qualité de ses initiatives. Il importe de poursuivre l'effort pour donner encore davantage de poids à l'euro.

La transition réussie

L'Euro - transition réussie

L'introduction de l'euro a nécessité de très nombreux travaux de préparation, en particulier dans le cadre de l'adaptation de l'administration publique et de la réglementation (modification des textes, des formulaires, etc.) et sous l'angle logistique : 49.2 milliards de pièces et 8.34 milliards de billets pour l'ensemble de la zone, 2 milliards de pièces et 550 millions de billets pour la Belgique.

Des mesures de sécurité très strictes ont été prises, singulièrement pour combattre la contrefaçon, et de gros efforts de communication ont été entrepris dans le domaine de la communication afin de faciliter l'apprentissage d'une nouvelle échelle de valeurs, la préparation de la population au basculement et à l'aspect physique des pièces et billets et les raisons et les conséquences du passage à la monnaie unique. Les récentes lois belges relatives à la protection contre le faux-monnayage (du 4 avril 2001 et de mars 2004) ont renforcé la sécurité de notre monnaie.

Au moment fatidique, tout s'est bien déroulé. L'introduction de l'euro a été couronnée de succès. Trois facteurs expliquent la réussite et la rapidité de cette opération : l'enthousiasme avec lequel les citoyens ont salué l'arrivée des pièces et billets (en particulier dans notre pays), la préparation scrupuleuse du basculement et les efforts remarquables qu'ont fourni les secteurs participant à l'opération (commerces de détail, transporteurs de fonds, services de sécurité, établissements financiers, etc.).

Mais au-delà du succès de l'introduction de pièces et billets communs à trois cents millions d'Européens, la réflexion doit se faire jour pour envisager le futur : une monnaie unique comme prélude à une union politique du Vieux Continent ? C'est un défi que tous ensemble nous devons relever.

Laeken

Assurer le suivi de l'Euro

Didier ReyndersL'introduction de l'euro constitue un pas important vers une intégration plus poussée de notre continent. Douze monnaies différentes constituaient autant d'obstacles aux échanges commerciaux. La monnaie unique, le marché unique et la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux doivent à présent permettre de développer des potentialités en terme de croissance économique, d'emplois et de cohésion sociale.

La plus grande facilité des paiements, la diminution des coûts de transaction (comme par exemple, depuis 2002 la tarification unique des retraits d'argent et des virements en Europe), l'absence de fluctuation des cours de change (sans monnaie unique, on n'aurait pas évité des spéculations sur nos monnaies nationales à l'occasion de crises internationales telles que celle qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001) et la meilleure transparence des prix ont entraîné des gains d'efficacité et, par le biais de la concurrence, un effet modérateur durable sur le niveau général des prix. La Banque Centrale européenne, de son côté, veille à la stabilité du système monétaire.

L'introduction de l'euro fiduciaire (les pièces et billets) a ainsi permis une augmentation du potentiel de croissance de l'Union Européenne. Elle a aussi dynamisé la création d'un vaste marché monétaire et financier (dont la bourse Euronext pourrait apparaître comme l'embryon) par l'unification des marchés nationaux encore fractionnés.

Mais au-delà de l'Union, la monnaie unique européenne constitue aujourd'hui une valeur forte au même titre que le dollar américain ou le yen. Le passage réussi à l'euro a permis d'éliminer les problèmes de manque de visibilité dont cette devise souffrait. Cela permet -et c'était un objectif majeur de la présidence belge au cours de l'année 2001- d'augmenter considérablement l'utilisation de l'euro à l'extérieur de la zone euro et de faire acquérir à cette monnaie la place qui lui revient sur les marchés financiers internationaux.

Ainsi, la part de l'euro sur ces marchés commence à refléter la part de la zone euro dans le commerce international. L'usage externe de notre devise s'impose progressivement. Aujourd'hui, les banques centrales d'Amérique et d'Asie ont constitué une partie de leurs réserves en euro ; la Russie, à son tour, envisage un usage accru de la monnaie européenne.

Mais une attention particulière doit encore être portée aux pays européens qui vont bientôt rejoindre l'Union et qui se montrent particulièrement intéressés par les perspectives d'intégration dans la zone euro. Car celle-ci, avec ses douze pays membres reste une maison ouverte, à la fois aux pays candidats à l'entrée dans l'Union européenne mais aussi aux pays de l'Union qui n'ont pas encore adopté la monnaie commune: la Suède, le Danemark et le Royaume-Uni restent hésitants mais les perspectives sont optimistes.

L'euro va ainsi contribuer à forger un destin commun aux citoyens de la zone euro et la coordination des politiques économiques au sein de l'Union va devenir un sujet concret et un enjeu de société pour nos populations. Car un marché commun de 500 millions d'habitants avec une monnaie unique rendra les populations psychologiquement et politiquement plus proches de l'unification européenne. Plus que jamais, l'euro doit permettre au continent européen de réaliser son projet historique d'intégration.

 

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