Dix ans après la tragédie de Julie et Melissa, la Belgique a une nouvelle fois été endeuillée par l’assassinat de Stacy et Nathalie. Didier Reynders, Président du Mouvement Réformateur, propose des pistes de réformes pour lutter contre la délinquance sexuelle.
Empêcher toute libération conditionnelle avant que le condamné ait purgé les deux tiers de sa peine. Donner aux tribunaux la possibilité de prononcer des sanctions assorties d'une peine de sûreté, autrement dit d'un minimum à purger en toute hypothèse. Relance du projet de création d'un tribunal des flagrants délits. Procédures rapides lorsque les preuves manifestes de la culpabilité de l'auteur d'un délit sont établies.
Castration chimique pour les cas les plus graves comme l’a proposé le Sénateur MR Jacques Brotchi. Ce sont quelques unes des solutions évoquées par Didier Reynders dans une interview publiée dans La Libre Belgique du vendredi 7 juillet 2006. A propos de la loi de défense sociale, Didier Reynders s’est prononcé pour le transfert des compétences des commissions aux tribunaux de l'application des peines.
« Mais avant toute mesure de libération, je plaide pour un suivi médical et notamment psychiatrique. Pourquoi ne pas l'organiser dans une aile appropriée de nos prisons? » a ajouté le Président du MR.
Les mandataires MR s’activent pour trouver les moyens de mieux protéger les enfants. Outre la proposition de Jacques Brotchi, il y aussi celle de Christine Defraigne, chef du groupe MR au Sénat, en faveur de la création d’un registre national des délinquants sexuels.
Didier Reynders y est favorable, et réfléchit aux moyens de les contrôler quand ils retrouvent la liberté. « Le libéral que je suis respecte les droits individuels mais il songe aussi à la protection de la société et principalement de ses enfants, » explique-t-il.
Le Président du MR estime par ailleurs que la proposition de Jacques Brotchiqui défend le principe de la castration chimique pour les cas les plus graves est sensée.
« Elle doit en tout cas pouvoir faire partie de l'arsenal thérapeutique proposé. Je défends aussi son projet d'assurer une traçabilité des personnes libérées par l'implantation d'une puce électronique. Cela me paraît préférable à l'enfermement, » a-t-il expliqué.
Malheureusement le risque zéro n’existera jamais : « Les premiers passages à l'acte seront toujours difficiles à prévenir. Mais ce que nous proposons devrait permettre de réduire les dangers de récidive. Il est temps de rouvrir le débat et d'assumer nos choix, » a déclaré Didier Reynders.
Le Président du MR s’est d’autre part félicité de la qualité du travail des enquêteurs, qui illustre les progrès réalisés ces dernières années :
« La réforme des polices, à laquelle mon parti n'est pas étranger, a exigé de gros efforts financiers mais elle donne des fruits. La détermination des enquêteurs ne s'est jamais relâchée et ils sont partis du principe, ce qui est aussi à mettre en évidence, qu'ils recherchaient deux fillettes vivantes. On a vu par ailleurs les magistrats placer les proches des victimes au centre de leurs préoccupations. Ils les ont tenus informés de l'état d'avancement de l'enquête et ont fait oeuvre de pédagogie. C'est aussi un élément important, » a expliqué Didier Reynders.