Invité par RTL pour son émission phare « Le Grand Défi », Didier Reynders a dévoilé vendredi soir la deuxième étape de la réforme fiscale qui permettra notamment un accroissement du revenu net des travailleurs et en particulier ceux qui perçoivent des bas salaires, tout cela dans un contexte de hausse des recettes fiscales pour ces premiers mois de 2006.
La participation du Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances au «Grand Défi » était attendue avec impatience, et elle n’a certes pas déçu les plus de 400.000 téléspectateurs qui l’ont suivie.
En effet, le Grand Argentier fédéral y a présenté un nouveau train de mesures fiscales en vue d’encourager le travail en augmentant l’écart entre ceux qui perçoivent un salaire et ceux qui bénéficient d’allocations sociales.
« Notre but est avant tout d’accroître le revenu net des contribuables et d’améliorer les revenus de ceux qui travaillent afin de les détourner des pièges à l'emploi », a précisé Didier Reynders lors de cette émission télévisée et dans des interviews données samedi à « La Dernière Heure » et à « La Libre Belgique ».
Les diverses mesures annoncées par Didier Reynders devraient augmenter les salaires les plus faibles, ceux entre 600 et 1500 euros, de 80 à 100 euros.
1. Frais forfaitaires déductibles
Seuls 274.000 contribuables déduisent les frais professionnels réels. Le solde, soit environ, 3,5 millions opte pour le forfait. Pour les revenus 2005, ils recevront une déduction de 25% de la tranche des revenus allant jusqu’à 4.660 euros, puis 10% jusqu’à 9.270 euros, 5% jusqu’à 15.420 euros et 3% au-delà, à concurrence d’un plafond de 3.110 euros.
« Je propose d’augmenter ces montants déductibles forfaitairement. On jouerait sur deux éléments : le plafond et les pourcentages. Le plafond maximal serait augmenté, pour passer à 3.200 euros par an. Quant aux pourcentages, la réduction sur la première tranche de revenus passerait de 25 à 29%, celle sur la deuxième de 10 à 13%, celle sur la troisième de 5 à 7% et au-delà, cela glisserait de 3 à 4%. Cela jouerait donc de façon plus conséquence pour les bas revenus, pour lesquels le gain mensuel irait jusqu’à 25 euros net. »
2. Minimum imposable
« Le système fiscal est conçu de manière telle que quelqu’un qui émarge au minimex – 7.500 euros annuels pour un isolé – ne paie pas d’impôts. Par contre, un travailleur, qui gagne moins que ce minimex doit lui, parfois, déjà en verser une partie au fisc, à partir de 5.940 euros. On doit absolument corriger cela. Ce qui représenterait une diminution d’impôts d’environ 400 euros par an, soit environ 35 euros par mois. »
3. Crédit d’impôt
« Il faisait partie de la réforme de 2000, puis on l’a supprimé pour les salariés du privé. Il permettrait d’accorder un coup de pouce aux très bas revenus qui se retrouveraient avec un impôt négatif c’est-à-dire que le fisc leur rembourserait de l’argent parce qu’ils n’en gagnent pas assez. Ceci constitue jusqu’à 500 euros par an, soit environ 40 euros par mois. »
Le Ministre des Finances va aussi intégrer ce qui reste de la réforme fiscale dans le calcul du précompte professionnel, y ajoutant les effets de la disparition de la discrimination pour les couples mariés. Didier Reynders a aussi rappelé que le montant des frais de garde déductibles par jour et par enfant va passer de 11,20 à 15 euros.
Et le Ministre des Finances a songé au logement en vue de remettre de l’ordre dans le logement social, encourager l’accès à la propriété et la rénovation des logements privés.
Concernant le logement social , il ne peut admettre que 40.000 ménages en situation précaire ne disposent pas d’un logement social alors qu’ils remplissent toutes les conditions pour y accéder. Proposition : les Régions fournissent à ces ménages une allocation au logement ; en compensation, le Fédéral leur accorderait un taux réduit de TVA sur la construction de nouveaux logements sociaux.
Concernant la rénovation d’immeubles destinés à la mise en location , Didier Reynders propose de nouvelles réductions d’impôt jusqu’à 40% des frais engagés à concurrence de 5000 euros, cumulables ave les réductions accordées pour les travaux destinés à réduire la consommation d’énergie. En compensation, les propriétaires inscriraient leurs biens rénovés dans les agences immobilières sociales ou les loueraient à des prix alignés sur des loyers de référence . De plus, pour encourager les citoyens à devenir propriétaires , outre la TVA réduite à 6% sur les travaux de rénovation, le Ministre examine la possibilité, pour les biens rénovés, de geler le précompte immobilier pendant une certaine période.
Rappelons que dans les Régions bruxelloise et wallonne, Jacques Simonet et Serge Kubla ont également formulé des propositions en matière de logement.
Toutes ces bonnes nouvelles ont été annoncées alors que les premiers chiffres des recettes fiscales pour 2006 traduisent une hausse de 438,4 millions d'euros en janvier, soit une croissance de 6,8%, alors que le taux de croissance repris dans le budget 2006 est de 4,4%.
Les résultats excèdent ainsi de plus de 100 millions d'euros les estimations les plus récentes, tandis que la hausse se manifeste surtout au niveau des impôts indirects (+14,8%).
Les droits d’enregistrement et de succession poursuivent sur leur lancée en janvier 2006 en augmentant de 29,1% (+64,7 millions d'euros) et de 20,6% (+19,8 millions d'euros) respectivement.
« Les recettes de TVA sont aussi en forte hausse: +14,5%, soit +220 millions d'euros, tandis que les impôts sur l'achat de biens, de services et d'immeubles, c'est à dire sur la consommation, affichent donc de bons résultats », a encore noté Didier Reynders, se réjouissant dès lors de voir que déjà l'une des principales forces motrices de la croissance économique belge tourne à plein régime.
Les recettes d'accises ont également fortement augmenté en janvier 2006: +9,7%, soit +58,5 millions d'euros. Cette hausse trouve son origine notamment dans les recettes d'accises sur la vente des produits du tabac: +30 millions d’euros, soit une croissance de pas moins de 32,8%.
Enfin, Didier Reynders a annoncé dans le cadre du « Grand Défi » que Daniel Ducarme ne se présentera pas aux élections communales à Schaerbeek en lançant une liste concurrente au Mouvement Réformateur.
« Daniel Ducarme a fondé le MR. Il ne va jamais s'opposer au MR et ne se présentera pas contre un Bourgmestre MR et contre une liste MR », a précisé Didier Reynders, annonçant dans la foulée que Daniel Ducarme serait chargé des contacts avec les Belges résidant à l'étranger.