Un drame social. Le MR exprime sa solidarité envers les familles. Didier Reynders insiste sur le danger du retour du protectionnisme
Suite à la décision prise par le groupe VW d’arrêter la fabrication de la Golf à Forest et de dès lors supprimer quelque 4000 emplois sur les 5500 personnes travaillant pour l’entreprise sur le site forestois, Didier Reynders exprime sa solidarité envers les familles.
Le Vice-premier Ministre et Président du MR se dit choqué par le drame social que vivent les travailleurs et également par la façon dont la décision a été prise.
« Des mesures avaient été décidées, tant dans l’entreprise quant à l’organisation du travail et l’accroissement de la productivité que par le Gouvernement fédéral en matière de travail en équipe, de travail de nuit, d’heures supplémentaires pour réduire la charge salariale et permettre au site de Forest de rester concurrentiel à l’intérieur du groupe. Il est clair que les motifs qui animent cette décision ne sont pas exclusivement économiques ». Didier Reynders craint le retour d’un protectionnisme national dans certains Etats européens. « Dans ces conditions, il est difficile d’aider un secteur. Nous avons fait le maximum et nous continuons à le faire pour réduire les coûts du travail et pour faciliter l'organisation du travail. Les travailleurs de VW Forest ont légitimement l'impression que tous les efforts ont été inutiles. »
Le Vice-premier Ministre indiquait à l’agence Belga « qu'il ne faut pas se tromper de débat. Il n'est pas question ici d'une conséquence de la globalisation de l'économie. Il ne s'agit pas d'une délocalisation mais bien d'un rapatriement vers le pays d'origine à savoir un pays voisin, membre de l'Union européenne et qui est le plus industrialisé d'Europe. Ce qui se passe à Forest montre les dégâts que pourrait provoquer un retour généralisé du reflexe protectionniste».
Pour le Président du MR, il faut à présent une bonne concertation entre le Gouvernement fédéral et les Régions pour mettre au point les mesures d'accompagnement qui doivent être les mêmes pour tous, quelle que soit la Région d'origine du travailleur.
Le MR insiste sur les discussions que le Premier Ministre aura prochainement avec la direction de VW en Allemagne pour savoir si le maintien d’une activité de production à Forest est envisageable à long terme et s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une fermeture de la chaîne forestoise en deux temps.
Didier Reynders n’exclut pas une exonération partielle des primes de départ, mais à deux conditions :
Que le geste accompli par l’Etat profite intégralement aux travailleurs. « Il n’est pas question, pour le Ministre des Finances, que la direction allemande, sachant la prime de licenciement moins taxée, donne moins en brut sous prétexte qu’en net, le travailleur aurait tout autant. Tout euro que nous donnerions dans ce cadre devrait profiter intégralement aux travailleurs. »
Que l’ensemble du Gouvernement fédéral se penche sur le projet et prenne la décision d’agir en ce sens. « Mais, prévient Didier Reynders, il faudra le faire avec une solide dose de réflexion. Il ne s’agirait pas que des personnes ayant été victimes d’un licenciement assez comparable par le passé se retrouvent en quelque sorte lésées par cette mesure. »
Le Ministre des Finances conclut en indiquant que cette mesure n’interviendrait que dans un second temps « après que la direction allemande de VW ait mis sur la table un plan social digne de ce nom pour dédommager au maximum les travailleurs sur le carreau. Notre coup de pouce éventuel viendra en supplément, une fois l’intervention de VW acquise ».