Le MR reçoit José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne : une conception de l’Europe largement partagée.
Fait exceptionnel, le Mouvement Réformateur recevait ce lundi 4 septembre en la Salle Européenne de la Chambre des Représentants José Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, pour évoquer avec lui les grands thèmes qui passionnent, mais préoccupent et inquiètent aussi les Européens convaincus.
Accueilli par Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances, Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’aide humanitaire, Sabine Laruelle, Ministre de l’Agriculture et des Classes Moyennes, et Daniel Bacquelaine, chef de groupe MR à la Chambre, José Manuel Barroso s’est félicité de ce que l’Europe ait acquis davantage de poids sur la scène internationale.
« Une Europe à 25 est plus forte, plus respectée qu’une Europe à 12, » a dit en substance le Président de la Commission européenne, qui répondant pendant plus d’une heure aux questions des mandataires et de Jeunes MR, s’est plu à souligner à quel point l’UE, cette Europe réunifiée, représentait un espace de liberté quasi unique au monde.
Moment d’humour aussi partagé par tous quand Louis Michel, très pince sans rire, s’adresse à José Manuel Barroso en se demandant si, au vu de ses conceptions économiques et politiques, sa place ne serait pas plutôt au sein de la famille libérale que dans celle des démocrates-chrétiens (PPE). L’ancien Premier Ministre portugais a pris la chose avec sourire avant de revenir aux choses sérieuses, comme le Traité sur la Constitution européenne, bloqué depuis son rejet par les referendums français et néerlandais.
Une solution prendra du temps, mais José Manuel Barroso pense qu’il ne serait pas sain pour l’Europe d’avoir un groupe de pays aller de l’avant sur la voie de l’intégration sans les autres car cela offrirait une image de désunion.
« Je ne crois pas qu'il serait adéquat de présenter un noyau européen comme une réponse aux problèmes institutionnels de l'Union, Notre mission est d'unir, pas de diviser. Il faut une logique d'inclusion pour construire l'Europe. Pas une logique d'exclusion, » a-t-il affirmé en rejetant toute idée de division de l’Europe.
Il faudra un peu plus de temps pour digérer les dernier élargissement, selon le Président de la Commission, tout en plaidant pour de nouvelles extensions de l’UE à d’autres pays et a estimé dans ce cadre qu’on ne pouvait pas imposer à la Turquie de reconnaître le génocide arménien avant son adhésion programmée.
Pour José Manuel Barroso, « ce genre d’examen doit être volontaire, il ne peut être imposé, on ne doit pas poser cela comme une condition supplémentaire… combien de temps l'église catholique a-t-elle mis pour reconnaître la réalité de l'Inquisition ? Combien de temps les puissances coloniales ont-elles mis pour reconnaître les crimes coloniaux ? » a demandé José Manuel Barroso, qui s’est aussi opposé à toute définition exclusivement géographique de l’Europe.
« C’est un consensus politique qu’il faut rechercher, car c’est à nous à décider…on ne peut pas dire non aux pays qui témoignent d’une volonté d’Europe, » a-t-il estimé avant d’évoquer encore le Processus de Lisbonne, la nécessité de créer davantage d’emploi, de renforcer les moyens en faveur de la recherche, de stimuler encore les échanges entre les différents systèmes d’éducation des Etats membres.
Pour le Président de la Commission européenne, l’Union est un rassemblement de pays partageant des valeurs communes de liberté et de démocratie et répond aux eurosceptiques que l’Europe avance même si les grands chantiers ne sont pas encore achevés, comme celui du Marché Intérieur. Mais on avance, comme avec l’adoption d’une politique énergétique commune, sa présence au Liban et en Afrique où elle est le principal donateur d’aide humanitaire. Il reste à l’Europe à se doter d’une véritable armée pour renforcer, soutenir son action diplomatique. Déjà au Liban ce sont des soldats des Etats de l’Union qui constitueront l’essentiel de la FINUL renforcée. Et de résumer sa confiance, son espoir dans l’Union par une formule lapidaire :
« Je n’échangerais pas l’Europe pour quoi que ce soit d’autre au monde, » a conclu José Manuel Barroso.