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« Ma priorité, ce sera le parti : rassemblons nos forces pour un débat en vue d’un grand congrès de printemps »

Interviews de rentrée de Didier Reynders dans Le Soir et La Libre Belgique

Didier Reynders« J'ai repris le parti en 2004 après une mauvaise passe, on a réussi les élections de 2006, les législatives de 2007, et on se trouve en situation difficile en 2009, c'est vrai. C'est donc normal de se poser des questions », a déclaré le Président du Mouvement Réformateur dans Le Soir de ce mercredi 2 septembre à l'occasion de sa rentrée politique. « J'ai consulté, et je reçois pas mal de contributions qui vont dans le même sens : se reconcentrer sur nos propositions, sur notre identité. Notre image - et je porte ma part de responsabilité - a été brouillée par un positionnement assez critique sur ce qui se passait chez les autres dans le paysage francophone ; tout cela avec, en toile de fond, la course au leadership politique (NDLR, avec le PS). J'ai bien intégré nos résultats électoraux, la façon dont chacun les a ressentis, et je comprends que cela appelle un vrai travail sur soi, en profondeur. Pour cela, je parle d'un retour à une force de proposition, avant tout. Nous devons convaincre par nos propositions beaucoup plus qu'en pointant les faiblesses des autres... », a-t-il précisé.

« Donc repartons d'un débat de fond, partout dans le parti, dans les sections, les Fédérations, cela pour redéfinir nos valeurs, actualiser un Manifeste qui remonte au début des années 2000 ; formuler de nouvelles propositions en termes de programmes ; réformer notre organisation,» a poursuivi le Président du MR. « On n'abandonne pas le gouvernail quand il y a quelques vents contraires », a-t-il synthétisé.

 

« Maintenant, nous devons rassembler nos forces pour aller vers un grand congrès de printemps. Sans tabous. »

Quoi qu'il en soit, la priorité de Didier Reynders « sera le parti. » Et il entend bien mener la campagne pour les prochaines élections législatives. « Mon choix, c'est de toute façon le parti. Je souhaite mener le combat aux législatives de 2011. Mais on débattra de tout pour le congrès. Y compris du cumul des fonctions. Donc, aussi, de mon cumul. Tout sera mis en discussion. Des cadres du parti, des mandataires et notre Centre d'études devront se consacrer à ce processus. C'est un gros chantier. Je reviendrai sur la méthode et le calendrier aux Estivales (samedi à Redu), mais il faudra se mettre au travail dès le lendemain, » a-t-il annoncé. « Ce sera un grand congrès, de plusieurs jours, où l'on votera sur tous les points. A cette occasion, j'aimerais que l'on rediscute, entre autres sujets, du référendum, de l'élection directe des bourgmestres, du vote majoritaire au lieu du proportionnel, du vote obligatoire, etc. Et que l'on vote, aussi, sur tout cela. »

Ce Congrès devrait d'ailleurs redéfinir le MR en un grand 'parti populaire de centre-droit.' « Quand on voit l'échiquier politique francophone, notre vocation est d'être réellement une formation politique populaire, qui a une surface ample, et clairement positionnée au centre-droit... L'axe gauche-droite existe. Cela ne veut pas dire pour autant que sur un certain nombre de sujets, nous ne sommes pas plus progressistes que ceux qui se définissent comme tels, » a précisé Didier Reynders. 

Le Président du MR n'exclut d'ailleurs pas que le parti change de nom à l'occasion de ce congrès:

« Tout est ouvert. Pas de problème. Cela aussi sera sur la table. Je ne viens pas avec un plan donné, » a-t-il confié au Soir.

Sur le plan fédéral, Didier Reynders a indiqué qu'il visait un retour à l'équilibre budgétaire en 2015, s'est prononcé en faveur de prélèvements sur l'activité financière, a réitéré l'engagement politique relatif à la baisse de la TVA dans l'Horeca.

Il a aussi annoncé qu'en matière de bonus bancaires, la Belgique soutenait la position de la France et de l'Allemagne à l'occasion du Conseil des Ministres de l'Economie et des Finances de l'UE qui se tient cette semaine à Bruxelles. 

« S'il n'est pas possible d'avoir un accord au niveau européen, la Belgique appliquera de toute façon les règles les plus sévères, à l'image de celles qui seront appliquées par la France à l'initiative du Président Nicolas Sarkozy, » a-t-il indiqué à l'Agence Belga.

Rappelons que Paris et Berlin veulent en effet limiter les bonus des banquiers et obliger les banques à augmenter leurs fonds propres pour limiter les risques qu'elles peuvent prendre.Le Président Sarkozy a obtenu un accord avec le secteur bancaire en France pour un système de bonus-malus. Ce système implique que le versement des bonus soit en partie différé pendant trois ans pour tenir compte des résultats, combiné à l'entrée en vigueur d'un "malus" retenu sur la partie variable du salaire d'un trader qui aurait accumulé des pertes.

« S'il y a un accord européen sur un tel système, il sera évidemment appliqué chez nous mais s'il n'y a pas d'accord au niveau européen, nous l'appliquerons de toute façon à toutes les banques en Belgique et pas seulement à Fortis, » a indiqué le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances.

Enfin, dans le cadre budgétaire global, Didier Reynders a annoncé que l'Etat n'avait pas perdu d'argent à travers son action de sauvetage des banques.

« ...Un an après le déclenchement de la crise financière : on constate simplement qu'on n'a pas perdu l'argent des contribuables belges. On a investi 15 milliards d'euros pour ne laisser aucun épargnant belge en rade, on a donné des garanties, et c'était des décisions très lourdes à prendre. Aujourd'hui, en valorisation de ce que nous avons investi, nous sommes plus ou moins au niveau de l'investissement de départ. L'évolution des cours de Bourse nous a permis de retrouver notre investissement. Pour BNP Paribas, par exemple, la valorisation correspond à ce qu'on a investi. L'objectif est de rester et de gagner de l'argent.» «Le budget gagne de l'argent », a-t-il poursuivi. « Les dividendes payés par BNP Parisbas, les remboursements d'emprunts mais aussi le paiement des primes pour les garanties, tout cela rapporte entre 200 et 250 millions de recettes ».

Afin de mieux armer notre pays face à telle situation et que l'on ne revive « plus jamais ça », Didier Reynders souhaite, par exemple, l'adoption rapide du rapport Lamfalussy et la mise en œuvre des recommandations de la commission spéciale de suivi de l'affaire Fortis. « Il faut également voir ce que l'on peut faire pour se doter d'une loi de crise, élaborée au niveau belge », a-t-il conclu dans a Libre Belgique.

 

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