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Verhofstadt Guy

Guy Verhofstadt, premier chef de gouvernement libéral depuis 61 lorsqu’il fut nommé Premier Ministre en 1999, s’entend bien avec Didier Reynders. Les deux hommes ont des points communs. Très proches dans leur pensée politique libérale et dans la poursuite des buts qu’ils cherchent à atteindre, ils ont commencé très jeune leur carrière et ont l’un et l’autre une capacité étonnante à absorber les dossiers les plus complexes et sont unis dans leur attachement à l’Europe.

Né le 11 avril 1953 à Termonde dans une famille d’indépendants modestes, comme Didier Reynders, il fera aussi des études de droit. Didier Reynders eut pour mentor Jean Gol, Guy Verhofstadt le dirigeant PVV gantois Willy De Clercq.

Pourtant Guy Verhofstadt eut une jeunesse plus turbulente que Didier Reynders et était sans doute moins studieux et moins appliqué que son Ministre des Finances. Il confie qu’à l’Athénée, il étudiait juste ce qu'il fallait pour réussir, mais qu'il était un chenapan et adorait jouer. Frans Verleyen parla plus tard "d'un élève difficile pour des enseignants peu armés". A l'athénée, il se révéla un adolescent plus rebelle, préférant résoudre les problèmes pour lui-même.

Puis il se mit à étudier avec sérieux dès son entrée à l'Université de Gand, où il étudia le droit, de 1971 à 1975. Son père lui avait permis d'étudier ce qu'il voulait, "mais d'abord le droit". Il y obtint sa première grande distinction. Il devint par ailleurs rapidement actif au sein de la Liberale Vlaamse Studentenvereniging LVSV (l'association des étudiants libéraux flamands) à qui il insuffla une nouvelle vie en peu de temps. Ce fut sa première expérience semi-politique.
À peine avait-il terminé ses études qu'il se lança, en 1976, dans la politique à l'échelon communal. Il fut très vite élu conseiller communal. En 1977, il devint secrétaire politique du président du PVV et ami de la famille, Willy De Clercq. C'est ainsi qu'il fit, en 1979, ses premiers pas dans la politique nationale, en tant que président des PVV-Jongeren. En juillet 1979, lors d'un voyage en train vers Rome, il dévora littéralement le livre "Demain, le capitalisme", du Français Henri Lepage. Il lut aussi "La solution libérale" de Guy Sorman. Sa position en tant que Président des Jeunes PVV et ses lectures politiques lui ont apporté les idées pour un libéralisme rénové.

Cela n'échappa à personne, dans les années 1979-1980, certainement pas après le double congrès du PVV de Courtrai, où les Jeunes déposèrent un manifeste radical visant à rénover le parti et la politique. Ce manifeste fut le précurseur des manifestes du citoyen qui seront publiés plus tard. Les Jeunes PVV avaient le vent en poupe, en particulier après la victoire historique du PVV lors des élections législatives de novembre 1981. L'année 1981 fut, en outre, celle où Verhofstadt épousa son amie de jeunesse, Dominique Verkinderen. De cette union naquirent, dans les années nonante, deux enfants, Charlotte et Louis.

1981 fut une année charnière pour le PVV. Pour la première fois depuis l'instauration du suffrage universel, un parti libéral, en Flandre, obtenait plus de 20% des voix, un doublement par rapport aux années cinquante. Personne ne contesta l'apport des Jeunes dans cette victoire. Chose confirmée lorsque le président du PVV Willy De Clercq redevint Ministre des Finances, en janvier 1982, et qu'un nouveau président fut élu. La présidence fut confiée à Verhofstadt par 85% des voix. Agé alors de 29 ans, il était ainsi, en 1982, le plus jeune président de parti du pays.
Trois ans plus tard, en 1985, Verhofstadt devenait député, succédant à nouveau à Willy De Clercq. Plus tard dans l'année, un autre Gantois, Wilfried Martens, fit appel à lui en tant que Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget, de la Politique scientifique et du Plan, dans le gouvernement Martens VI. C'est avant tout en tant que Ministre du Budget que le jeune Verhofstadt força l'admiration pour le "nouveau style" qu'il introduisit et pour le sérieux avec lequel il a maintenu "son" budget en équilibre. Lorsque le Premier Ministre Martens changea de partenaire, en 1988, pour former à nouveau un gouvernement rouge-romain, Verhofstadt mit sur pied un premier Cabinet fantôme. Mais il ne reprit son élan, en tant que leader de l'opposition flamande, qu'après sa réélection, en 1989, comme président du PVV. Durant ces années, il rédigea son premier "manifeste du citoyen", qui traduisait les projets de renouveau politique qu'il préconisait. Il était aussi important qu'il procède d'abord à ce renouveau pour lui-même et pour le PVV. Les premiers manifestes du citoyen et le renouveau politique conduisirent, en novembre 1992, à la constitution du VLD (Vlaamse Liberalen en Democraten) - De partij van de burger (Les Libéraux et Démocrates flamands - Le parti du citoyen), avec Verhofstadt comme ancien et nouveau dirigeant du parti. La création du VLD dépassait le simple changement de nom. Il devait s'agir, d'entrée de jeu, "d'un nouveau parti", un parti "sans dogme, sans groupe de pression, sans privilèges". Ce fut simultanément une opération d'élargissement, destinée à attirer dans le parti de nouveaux électeurs et de nouveaux mandataires.

Au niveau du contenu, le nouveau parti chercha sa voie par le biais d'un certain nombre de congrès remarqués, comme les congrès consacrés aux statuts du nouveau parti, à la démocratie du citoyen et à "une sécurité sociale radicalement nouvelle", durant les années 1993-1994. En 1993, le VLD procéda également à la première élection directe de son président. Ce fut Verhofstadt, à la différence près qu'on lui confia un mandat plus fort. L'opposition, pour le PVV et le VLD dura néanmoins plus longtemps que ce que les rénovateurs avaient espéré, en 1992. Après les élections européennes et communales de 1994, qui furent favorables au VLD, Verhofstadt avait placé tous ses espoirs dans les élections législatives de 1995. Tête de liste au Sénat, avec plus de 400.000 voix de préférence, Verhofstadt obtint de bons résultats, mais le parti ne fit pas un score suffisant pour briser la majorité rouge-romaine. Sans se préoccuper des libéraux, le Premier Ministre Jean-Luc Dehaene put former un nouveau gouvernement en 1995.

Verhofstadt - âgé alors de 42 ans - connut les années les plus difficiles de sa carrière politique. Ayant placé tous ses espoirs dans les élections législatives de 1995, il encaissa difficilement l'échec enregistré par son parti. Il démissionna de son poste de président en 1995 et se retira en Toscane. Il confia alors qu'il avait besoin de temps "pour lire et réfléchir".

Une conférence devant l'asbl Futura en mai 1996, un an après les élections de 1995, marqua son retour dans la politique active. Selon Knack, c'était son "quatrième manifeste du citoyen", celui d'un "Verhofstadt plus mûr", qui ne renonçait à aucune de ses anciennes convictions, mais qui les interprétait de manière plus créative. Cela se voyait, notamment, dans sa découverte ou sa redécouverte des forces vives sociales et politiques ainsi que dans l'attention qu'il porta à la "protection sociale". Au mois d'octobre 1996 suivit une première alternative de "State of the Union", où Verhofstadt présentait sa vision du mal belge.

Il fut aussi un rapporteur actif de la Commission Rwanda, mise en place en 1996 par la Commission des Affaires étrangères du Sénat suite au génocide rwandais, fut également capitale dans son come-back politique. En tant que membre de la commission, Verhofstadt se rendit au Rwanda. Ce fut "sa" découverte de l'Afrique et de la dimension internationale de la politique.

En 1997, Verhofstadt redevint président du VLD. Cette position le plaça en droite ligne pour les élections législatives de juin 1999. Cette fois, la victoire des libéraux et des écologistes, et la défaite des chrétiens-démocrates et des socialistes étaient à ce point nettes, que plus personne ne put les contester. En tant que chef de file de la plus grande famille politique du pays, Verhofstadt put former, durant l'été 1999, un premier gouvernement regroupant les libéraux, les socialistes et les écologistes. Les chrétiens-démocrates se retrouvaient dans l'opposition pour la première fois depuis 41 ans. Pour les partis libéraux, c'était la première fois depuis 61 ans qu'un Premier Ministre était issu de leurs rangs.

 
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